4è commandement : Accepte l’essaimage

Dans les 10 commandements imaginés pour une gestion permacole des colonies d’abeilles, je mentionnais « Accepte l’essaimage » : De quoi s’agit-il ?

L’essaimage est le mode de reproduction naturel de la colonie d’abeilles vue comme super-organisme : multiplier les colonies … c’est assurer la pérennité de l’espèce et assurer sa dispersion dans la nature.  C’est en avril, mai ou juin que ce besoin d’essaimer de certaines colonies se manifeste.

Accepter l’essaimage pour l’apiculteur, c’est aussi accepter une réduction de la production de miel de la ruche mère … et il est donc tentant de s’y opposer.  J’y reviendrai dans un article dédié au commandement : « Ne tue pas la reine. »

Inversement, cueillir un essaim est une opportunité de reconstituer ou agrandir son cheptel.

Comment l’essaimage se passe en pratique ? 

La reine-mère quitte la ruche avec 40 à 50 % de l’effectif de la colonie-mère, soit de 15 à parfois 30.000 abeilles, pour former une nouvelle colonie.

Avant d’essaimer, les abeilles élèvent quelques cellules royales et l’une d’elle donnera naissance à celle qui sera la nouvelle reine de la colonie en place.

Les abeilles qui vont suivre la reine-mère se sont gorgées de nectar en prévision d’une période d’incertitude quant à l’emplacement de leur nouveau logis.  Ceci explique qu’elles ne sont pas agressives lors de l’essaimage.  

L’envol, le plus souvent en fin de matinée, début d’après-midi, est impressionnant pour celui qui a la chance d’y assister tant par le nombre d’abeilles que par le bourdonnement qui accompagne cet envol.

Très rapidement, l’essaim s’installe provisoirement sur un support à ± courte distance de la ruche-mère et forme alors une grappe autour de la reine. 
Cette grappe d’abeilles accrochées les unes aux autres, autour de la reine qu’elles protègent, est le plus souvent suspendue à une branche d’arbre … mais pas toujours.[1]

Pour l’essaim envolé, il s’agira de trouver une nouvelle cavité. Cinq % des abeilles de l’essaim, les éclaireuses, vont assumer cette mission de recherche d’un site de nidification acceptable dans le voisinage (dans la nature, une cavité dans un vieil arbre), à quelques centaines de mètres de la ruche mère assurant ainsi la dispersion des colonies. 

Dans un environnement de plus en plus urbanisé, cette recherche est presqu’à coup sur vouée à l’échec et l’essaim mourra.

Si d’aventure, les éclaireuses trouvent une cavité propice à accueillir la colonie, l’essaim forme alors un nuage d’abeilles qui peut atteindre une vingtaine de mètres de long lorsqu’il se dirige vers le nouveau site de nidification.

La cueillette de l’essaim sur son support provisoire, s’il n’est pas trop en hauteur, et son enruchement dans un nouveau logis ne posent aucun problème à l’apiculteur.

Si vous constatez qu’un essaim s’est posé dans votre jardin, n’hésitez donc pas à contacter rapidement un apiculteur du voisinage … il sera à priori[2] heureux de venir le cueillir avant son envol vers une destination qui peut être éloignée de quelques km.  Pour l’apiculteur, l’envol d’un essaim est une perte importante et la cueillette d’essaims est une façon de compenser ses pertes.

Vous avez des questions, vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à me contacter via le 0475 89 43 87 ou venez me voir le samedi matin entre 10 et 12 h au potager du groupe PermaWet, rue de l’Eglise.    

Georges

 

[1] En cherchant « images d’essaims d’abeilles » sur google, vous en découvrirez qui se sont fixées sur des supports parfois très insolites.

[2] Assurez vous que ce que vous découvrez dans votre jardin est bien un essaim d’abeilles et non un nid de guêpes ou de frelons.  L’enlèvement de nids de guêpes ou de frelons ne relève pas de l’apiculteur et ne doit être envisagé que si le nid est proche de votre maison et que ces insectes vous importunent quand vous voulez profiter de votre jardin.  En effet, guêpes communes et frelons européens, en tant que petits prédateurs au sein de notre écosystème, jouent un rôle important dans le contrôle naturel des populations d’insectes capables de se reproduire rapidement et abondamment (mouches, pucerons, etc.)